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Depuis près de 4000 ans avant Jésus Christ, nous avons appris à travailler le cuivre. C'est l'un des rares métaux qui puisse se trouver naturellement à l'état métallique. Le fer, par exemple, ne se trouve sur terre qu'en tant que minerai, il est donc nécessaire de le transformer avant de pouvoir le travailler. C'est pourquoi le cuivre, l'or et l'argent ont été les premiers métaux à être utilisés par l'homme.
Après 30 000 ans de taille de pierre, vient l'âge de la métallurgie. Cela se passe en Égypte et en Chaldée. C'est la première apparition de la dinanderie, le travail du métal en feuille. Cependant, la dinanderie tire son nom de la ville de Dinant en Belgique, principal berceau du travail du cuivre et d'alliages cuivreux en Europe aux XIe et XIIe siècles après Jésus Christ. C'est l'apparition officielle et reconnue des dinandiers en Europe, qui obtinrent finalement leur statut avec celui des chaudronniers sous Charles VIII, au XVe siècle.
Depuis l'ère industrielle (fin XIXe) et l'invention du tour à repousser, ce mètier tend à disparaître.

Le travail consiste en la mise en forme au marteau de feuilles de métal plus ou moins tendre. Dans le but, généralement, de fabriquer des contenants. Ce qui caractérise la dinanderie, c'est l'application de ce que l'on appelle la "rétreinte".
La rétreinte est une des techniques de mise en forme du métal, qui consiste à épaissir la feuille à chaque coup de marteau, ce qui confère à l'objet ainsi fabriqué une grande solidité. Vases, casseroles, bols et seaux étaient autrefois produits de cette manière.
Pour obtenir cet épaississement du métal, on frappe la feuille d'une manière très spécifique. Un mouvement de rotation qui part de l'épaule est donné au coup de marteau afin de replier le métal sur lui-même. On part ainsi du pied de l'objet, en tournant autour, coup de marteau après coup de marteau, pour arriver enfin à l'extérieur de la feuille. C'est ce que l'on appelle une passe de rétreinte. Plus la forme désirée est "fermée", plus il y a de passes nécessaires pour obtenir cette forme ; car il est essentiel de monter la dinanderie très progressivement, sous peine de voir se former des plis ou des fissures lorsque l'on tire trop sur le métal.

Au delà de la forme, la dinanderie peut être décorée grâce à la ciselure, la gravure, l'incrustation d'or, d'argent ou de laiton, l'émail ou la patine. L'une des patines les plus courantes s'applique à la flamme. Sous l'effet de la chaleur se produit un phénomène d'irisation, c'est à dire que le métal change de couleur selon la température à laquelle il se trouve. C'est sur le cuivre que l'on peut obtenir la palette de couleur la plus large.
Concrètement, il s'agit d'utiliser le chalumeau comme un pinceau, en chauffant progressivement pour faire apparaître les couleurs désirées, puis les accorder entre elles ; ensuite, lorsque l'on obtient l'effet escompté, refroidir rapidement le cuivre en appliquant de la cire d'abeille, ce qui fixe la patine et produit une couche protectrice contre l'oxydation.
Outre la fabrication de contenants, la technique de la dinanderie peut s'appliquer à des formes très diverses, jusqu'à devenir une véritable sculpture.